MICRONUTRITION ET FACIALISME : COMPRENDRE LA PEAU À TRAVERS L'APPROCHE IN & OUT
De nombreuses facialistes font le même constat : une prise en charge cosmétique et facialiste ne suffit pas toujours pour avoir une belle peau. Il faut parfois identifier les déséquilibres internes et y répondre afin d’accompagner la peau à la fois de l’intérieur et de l’extérieur et préserver sa longévité.
Docteure en pharmacie, experte en micronutrition et formatrice LB Facialistes, Rivka De Paz accompagne depuis plusieurs années les professionnel·les de la beauté vers une approche plus globale. Découvrez sa vision lors de cette interview.
LA PEAU : LE REFLET DE L'ÉQUILIBRE INTÉRIEUR
Pourquoi adopter une vision plus globale ?
On dit souvent que la peau reflète la santé intérieure. C’est juste, mais ce n’est pas aussi simple. L’alimentation, le stress et l’hygiène de vie ont bien un impact mais la génétique compte aussi beaucoup. Certaines peaux réagissent très vite aux déséquilibres, d’autres moins ou différemment. On ne peut donc pas dire que la peau est seulement le reflet de l’intérieur. En revanche, à génétique équivalente, une bonne hygiène de vie améliore souvent la qualité de la peau.
Et si la peau essayait simplement de nous envoyer un message ?
Boutons, eczéma, urticaire, psoriasis, rosacée, acné inflammatoire, vieillissement cutané précoce… ces signes ne sont généralement pas anodins. Quand ils apparaissent de façon inhabituelle ou marquée, ils peuvent parfois indiquer un déséquilibre plus global : inflammation, digestion perturbée, hormones ou manque de certains nutriments. La peau agit alors comme un signal.
Quelles sont les erreurs que l’on fait souvent en pensant bien faire ?
Avec les meilleures intentions du monde, beaucoup de personnes tombent dans les mêmes pièges :
Le premier : chercher une solution miracle. Compléments alimentaires à la mode, cure détox, actif "star" du moment… face à un problème de peau, on veut souvent une réponse rapide. Pourtant, accumuler les produits sans comprendre la cause réelle mène souvent à une approche décousue, coûteuse et peu efficace.
Le second : penser que manger sain suffit toujours. On entend souvent que plus on mange des légumes, mieux c’est. En réalité, ce n’est pas si simple. Certaines personnes consomment beaucoup de légumes crus, de fibres ou de légumineuses en pensant bien faire, alors que leur digestion peut être fragilisée. Dans ce cas, cela peut entraîner des ballonnements, un inconfort digestif ou un déséquilibre du microbiote, et limiter l’absorption de certains nutriments. Il n’existe donc pas une règle unique : l’important est d’adapter son alimentation à son propre fonctionnement. Et pour la peau, tout est lié.
S’il fallait mettre quelques aliments stars au menu pour avoir une belle peau, lesquels choisiriez-vous ?
Les aliments les plus intéressants sont souvent les plus simples :
- Le foie (veau ou bœuf) : très riche en vitamines et minéraux, il soutient les fonctions de régénération de l’organisme.
- Les poissons gras (sardines, maquereaux, harengs) : riches en oméga-3, ils aident à limiter l’inflammation, notamment en cas de rougeurs ou de sensibilité cutanée.
- Les œufs de qualité : Simples et accessibles, ils apportent des protéines de qualité et des nutriments essentiels au bon équilibre de la peau.
L’INFLAMMATION SILENCIEUSE : L'ACCÉLÉRATEUR INVISIBLE DU VIEILLISSEMENT CUTANÉ
De quoi parle-t-on exactement ?
Il s’agit d’une inflammation discrète mais chronique qui, sur le long terme, épuise les mécanismes naturels de réparation du corps. Elle favorise une peau plus terne, moins dense et accélère le vieillissement cutané en augmentant le stress oxydatif et en diminuant les capacités de régénération cellulaire.
Comment repérer ce qui entretient l’inflammation au quotidien ?
Le plus utile est souvent de regarder son mode de vie avec honnêteté : qu’est-ce qui fatigue réellement le corps au quotidien ? Les déséquilibres les plus fréquents se retrouvent souvent dans la sédentarité, le manque d'exposition à la lumière naturelle, une alimentation peu adaptée ou encore une charge mentale excessive.
Quels petits gestes peuvent vraiment faire la différence pour la peau ?
Inutile de tout changer. De petites habitudes suffisent déjà à faire la différence : bouger un peu chaque jour (même quelques minutes entre deux réunions), s’exposer à la lumière naturelle, pratiquer une activité adaptée, manger simplement et limiter le stress inutile peuvent déjà améliorer l’équilibre global. Moins de surcharge, plus de mouvement, de lumière et d’équilibre : c’est souvent là que la peau s'améliore le plus.
Entre stress et sucre, lequel impacte le plus la peau ?
Le sucre consommé en excès peut fragiliser le collagène à travers un phénomène appelé glycation. Cependant, un acteur est souvent sous-estimé : le stress chronique. Il influence les hormones, le sommeil, l'inflammation et même les comportements alimentaires. Son impact est souvent plus global et plus profond qu'un seul facteur nutritionnel pris isolément.
LES HORMONES : LES MESSAGERS INVISIBLES DU VIEILLISSEMENT DU VISAGE
Quel rôle jouent-elles concrètement ?
Les hormones influencent directement plusieurs fonctions clés de la peau : hydratation, fermeté, production de sébum ou encore sensibilité cutanée. Lorsqu’elles sont équilibrées, la peau est généralement plus stable et homogène. Lorsqu’elles fluctuent, les variations se traduisent souvent très rapidement à l’échelle cutanée.
Comment la peau évolue-t-elle au fil des grandes étapes hormonales ?
La peau évolue au rythme des grandes fluctuations hormonales de la vie. Les hormones sexuelles, thyroïdiennes et celles liées au stress jouent toutes un rôle central dans son équilibre.
Chez les femmes, ces variations sont souvent cycliques et rythmées par de grandes étapes : puberté, grossesse, post-partum, périménopause, ménopause… Elles peuvent entraîner des changements visibles et parfois rapides, avec des phases d’instabilité plus marquées.
Chez les hommes, l’évolution hormonale est en général plus progressive. La baisse de la testostérone et les autres ajustements se font plus lentement, ce qui donne une évolution cutanée souvent plus régulière, moins brutale, mais tout aussi réelle dans le temps.
Comment accompagner ces transitions de l’intérieur ?
En agissant sur plusieurs leviers : alimentation, stress, sommeil, activité physique et correction de certains déséquilibres. L’objectif est de soutenir l’organisme dans les périodes de transition comme la périménopause ou la ménopause.
Et concrètement, par où commencer ?
Réaliser un bilan sanguin peut être une première étape utile pour identifier d’éventuelles carences (fer, zinc, vitamine D, magnésium, etc.) et de croiser ces résultats avec les symptômes du quotidien. L’objectif est ensuite d’agir d’abord via l’alimentation, en la rééquilibrant, et si besoin, de compléter de manière ciblée pour corriger les déficits identifiés.
LE RÔLE DU FACIALISME DANS UNE APPROCHE IN & OUT
En quoi la micronutrition complète-t-elle le facialisme ?
Le facialisme agit sur les tissus, la circulation et les muscles du visage. La micronutrition permet de comprendre ce qui influence la peau en profondeur. Ces deux approches sont complémentaires : l’une agit sur l’extérieur, l’autre éclaire les mécanismes intérieurs.
Comment intégrer cette vision sans sortir de son rôle de facialiste ?
Cela passe avant tout par l’observation et l’écoute : le mode de vie, le stress, le sommeil ou l’alimentation donnent déjà énormément d’informations sur les habitudes de vie de la cliente. Il ne s’agit pas de poser un diagnostic, mais de mieux comprendre pour mieux accompagner.
Qu’est-ce que cela change dans la pratique ?
Les praticiennes développent une lecture plus fine de la peau. Elles personnalisent davantage leurs massages, enrichissent leurs échanges et renforcent leur positionnement d’expertes.
ALLER PLUS LOIN AVEC L'ACADÉMIE LB FACIALISTES
Pour les professionnel·les qui souhaitent intégrer cette approche globale dans leur pratique, LB Facialistes propose trois formations animées par Rivka De Paz.
- Micronutrition Une Belle Peau : comprendre les fondamentaux de la micronutrition appliquée à la peau.
- Micronutrition Une Belle Peau – L’inflammation cutanée : décrypter les mécanismes inflammatoires et leur impact sur la peau.
- Micronutrition Une Belle Peau – Les hormones : comprendre les grands équilibres hormonaux et leurs effets sur la peau, notamment lors des périodes de transition féminine.
Prochaine session : 6 juillet – Les hormones
LA ROUTINE DE RIVKA EN 1 MIN
Pour moi, tout commence à l’extérieur. Dès le matin, je m’expose à la lumière naturelle, même quelques minutes. Cela aide à réguler le rythme biologique et à soutenir l’équilibre du cortisol. Ensuite, je bouge. La marche est essentielle, idéalement environ une heure, à son rythme. L’association lumière du jour et mouvement est, selon moi, l’un des leviers les plus puissants pour la santé globale… et donc pour la peau.
La micronutrition est-elle indispensable pour la peau ?
Elle n’est pas indispensable, mais elle constitue un levier essentiel pour comprendre et soutenir la santé cutanée de l’intérieur.
Peut-on améliorer sa peau uniquement avec des soins externes ?
Les soins sont efficaces, mais leurs résultats sont souvent limités sans prise en compte du terrain interne.
Le stress peut-il vraiment vieillir la peau ?
Oui, notamment via le cortisol, qui influence le collagène, le sommeil et l’inflammation.